Restructuration ministérielle en Côte d’Ivoire : KKB perd son poste au gouvernement

Restructuration ministérielle en Côte d’Ivoire : KKB perd son poste au gouvernement

KKB quitte son poste ministériel, ouvrant ainsi un nouveau chapitre avec la nomination de Myss Belmonde Dogo à la tête du ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté.

 

Le Ministre Kouadio Konan Bertin, plus familièrement appelé KKB, qui avait assumé les responsabilités du Ministère de la Réconciliation et de la Cohésion nationale, a été écarté du récent gouvernement annoncé par le Premier ministre Beugré Mambé. La liste des membres de ce nouveau gouvernement a été dévoilée le mardi 17 octobre 2023. Il convient de rappeler que KKB, ancien cadre du PDCI-RDA et candidat à la présidentielle de 2020, avait intégré le gouvernement à la suite de ces élections.

 

Sous la présidence d’Alassane Ouattara, KKB avait pour mission principale de faciliter la réconciliation et de promouvoir la cohésion nationale en Côte d’Ivoire, notamment après la période de crise post-électorale. Sa nomination visait également à encourager le retour au pays de nombreux Ivoiriens exilés à la suite de la crise de 2010. Parmi les retours notables figuraient des personnalités telles que l’ancien footballeur Gadji Céli, l’artiste Serges Kassi, le célèbre François Kency, et d’autres figures du monde artistique.

 

La vacance laissée par le départ de KKB a été rapidement comblée par la nomination de Myss Belmonde Dogo au poste de ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, assumant ainsi les responsabilités qui étaient précédemment dévolues à KKB.

 

L’appel téléphonique annonçant le limogeage de Kouadio Konan Bertin – KKB – émanant du vice-président ivoirien, Tiémoko Meyliet Koné, a créé une onde de choc dans le parcours politique de KKB. Cette communication abrupte s’est déroulée le 15 octobre, la veille de la nomination surprise de Robert Beugré Mambé au poste de Premier ministre, en remplacement de Patrick Achi. Notablement, cette information a été transmise seulement deux jours avant que la composition détaillée du nouveau gouvernement ne soit rendue publique.

 

La situation semble révéler un changement significatif dans les dynamiques politiques au sein de la Côte d’Ivoire, suscitant des interrogations quant aux raisons qui ont motivé cette décision subite. L’impact de cette éviction sur la carrière politique de KKB et son influence au sein du paysage politique ivoirien sont sujets à des discussions approfondies. Il est intéressant d’explorer les ramifications de cette annonce soudaine dans le contexte plus large de la politique ivoirienne et d’analyser comment elle pourrait influencer les dynamiques futures au sein du gouvernement et de l’opposition.

 

Lors de la cérémonie de passation de pouvoir le 20 octobre, KKB a saisi l’occasion pour exprimer sa sincère gratitude envers le chef de l’État, soulignant l’inoubliable marque de confiance qu’il lui a accordée. Ce geste témoigne de la reconnaissance de KKB envers les responsabilités qui lui ont été confiées tout au long de son mandat, et il offre également un aperçu des relations entre les acteurs clés de la scène politique ivoirienne. Cette cérémonie marque ainsi un moment symbolique et stratégique dans la trajectoire politique de KKB, suscitant des réflexions sur les évolutions futures au sein de la sphère politique ivoirienne. « Le chef de l’État m’a offert l’opportunité de faire l’expérience du gouvernement pendant une période de trois ans, ce qui représente une expérience significative.» a t’il déclaré.

 

Lors de la présidentielle de 2020, KKB a décidé de maintenir sa candidature en tant qu’indépendant, défiant ainsi Alassane Ouattara malgré le boycott de l’opposition qui contestait le troisième mandat du président sortant. Cette décision a été perçue comme audacieuse, mais elle a également suscité des critiques, certains le considérant comme un élément permettant de légitimer la majorité au pouvoir. Pendant la campagne électorale, KKB a été accusé d’être le “partenaire de combat” de Ouattara, ce qui a jeté une ombre sur son indépendance politique.

 

Malgré ces controverses et une performance électorale modeste avec seulement 1,99% des suffrages, KKB a réussi à obtenir un ministère. Cependant, cette nomination n’a pas apaisé les tensions au sein de son ancien parti, le PDCI, qui l’a exclu pour “atteinte à l’unité et aux intérêts du parti”. Cette situation complexe met en lumière les dynamiques politiques délicates auxquelles KKB a été confronté, naviguant entre indépendance politique, critiques de l’opposition, et relations complexes avec son ancien parti.

 

Cette acte de rébellion n’était pas une première pour KKB. En 2013, Henri Konan Bédié, alors à la tête du PDCI depuis trois décennies, l’avait qualifié de “soldat perdu” lorsque KKB avait plaidé en faveur d’un renouvellement générationnel au sein du parti. Deux ans plus tard, KKB, toujours en tant qu’indépendant, se lançait dans la bataille présidentielle, récoltant moins de 4% des voix avant de se réaligner.

 

Pourtant, malgré ces moments de désaccord, KKB souligne aujourd’hui son attachement au PDCI-RDA en affirmant que c’est sa maison, tout en ajoutant une nuance significative : “Je suis PDCI-RDA, Ouattara compatible.” Cette déclaration résume la complexité de sa position politique, oscillant entre fidélité à son parti d’origine et une certaine affinité avec le président Ouattara.

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